Girls' Generation "I Got A Boy"

En voyant ce clip, je m'imagine un non-initié à la k-pop (oui il y en a encore) devant son écran, désemparé. Les fans passent leur temps sur Twitter à se plaindre du traitement médiatique approximatif de la scène coréenne par les médias occidentaux, mais force est de constater que plus le temps passe, plus je découvre chaque jour à quel point cette musique, l'écriture, la promo, les différents "concepts", les albums en plusieurs langues, les émissions musicales avec les comeback stages, goodbye stages et special stages, la communauté des fans, les chorés, la hiérarchie au sein des groupes, les maisons de disques / agences d'artistes, toutes ces données s'inscrivent dans une routine bien huilée, des règles très précises et complexes. Pas toujours facile de s'y retrouver. Tout ce gros bordel organisé n'empêche pas, bizarrement, la pop coréenne d'être la musique la plus inventive et jouissive de l'époque actuelle.

 

"I Got A Boy", chanson-titre du nouvel album coréen des Girls' Generation, est le gros tube hystérique et scotchant qui manquait à leur précédent disque "local", The Boys. On y découvre quinze idées sonores à la seconde sans pour autant que les mélodies en pâtissent, avec des changements de rythme et d'univers à mesure que la chanson se déroule accompagnée de son clip épileptique. Nos neuf nouvelles meilleures copines, toutes déguisées en Barbie rappeuse, se la donnent dans une débauche d'énergie à laquelle on n'avait plus assisté depuis que Beyoncé donne le biberon, Madonna sucre les fraises et Lady Gaga s'est mise en tête de combattre l'obscurantisme et l'intolérance à coups de solos de saxophone. La k-pop nous déroute parce qu'elle est le futur, mais maintenant. Pour preuve : sur leur dernier album, les SNSD reprennent "Mercy" de Duffy, comme si ce tube de 2008 était enfoui dans un passé tellement lointain qu'il en devenait déjà vintage. Pour nous, les années vieilles c'est les 80s, pour les coréennes en mini-short, c'est 2008. C'est dire la longueur d'avance qu'ils ont sur nous. Alors, rassure-toi petit blanc, détends-toi : si tu comprends pas tout, tout de suite, c'est pas grave. Let me put it down another way.