Blonde ambition tour 2009

A sa mort, les gens n'ont cessé de répéter qu'il n'y aurait jamais de nouveau Michael Jackson, et je veux bien le croire. En revanche, il semblerait qu'on ait déjà trouvé la nouvelle Madonna : face à sa prestation aux derniers MTV Awards, et son comportement génialement outrancier (débarquant telle une fashionista démente en surchauffe, changeant 30 fois de tenue en une soirée, roulant des pelles à Kermit la grenouille...), on est en droit de penser que la seule performeuse capable de prendre la relève est bel et bien Lady Gaga.

 

Si l'on se rappelle les débuts de Madonna, on est troublé par les similitudes avec le succès naissant assez fulgurant et volontariste de la Gogol. Mêmes origines italiennes, même ambition démesurée, même obsession pour le look, l'image, la provoc' sexe, la forme au détriment du fond : Madonna et Lady Gaga ont ce truc en commun de faire hurler les gens de bon goût. Leur musique est un outrage aux bonnes moeurs musicales : la disco-pop crétine de "Holiday" et le r&b toxique et putassier de "Just dance" sont autant de sujets de révolte pour les fins gourmets amateurs du rock tranquilou de chez Virgin Radio. Madonna et Lady Gaga ont aussi le flair pour pêcho les producteurs "dans le vent" capables de transformer n'importe quelle niaiserie en dancefloor killer auquel aucune cagole ni aucun garçon sensible ne peut résister.

 

Alors j'entends déjà le fan club de la vieille Ciccone hurler que Lady Gaga n'est qu'une amatrice, qu'elle est moche et stupide, que cette comparaison est absurde. En êtes-vous bien sûrs ? Depuis quand Madonna est-elle un canon de beauté ? Elle a toujours fait illusion avec ses fringues et son attitude, mais sans tous ces artifices, back in 1984, c'était un peu une sacrée radasse... Ca peut paraître terriblement méchant amené de cette façon, sauf que non. Je considère justement que c'est une assez bonne chose que des filles au physique pas spécialement fin, à la dégaine un peu bourrin, puissent se faire leur place au milieu du gotha des popstars en donnant quelques coups de coude de ci de là. C'est facile pour des mignonnettes inoffensives à la Emilie Simon ou Coeur de Pirate de s'attirer l'attention attendrie du public. Les mâles aiment leur fragilité, les filles leur discrétion, et tout le monde loue l'humilité et le charme délicat de la jolie personne responsable de cette si jolie musique. Mais dès qu'une fille a des couilles et veut taper en dessous de la ceinture, on lève les bras au ciel en évoquant la vulgarité (pouah) de l'entreprise.

 

Madonna et Lady Gaga parlent de cul, d'argent et de célébrité, et ça emmerde les vieux réacs sexistes du style Naulleau et Zemmour, chez qui Gaga était conviée samedi pour se prendre une petite rasade d'humiliation, comme c'est la coutume dans cette émission d'une tristesse abyssale. Comme la Madonne à la grande époque, elle a juste prononcé quelques mots de corporate popstar digne de ce nom, et exposé aux deux "chroniqueurs" son plus profond mépris. Grande classe.

 

Lady Gaga n'a certes rien inventé. Elle perpétue juste une tradition très pop d'émancipation. Et elle vend beaucoup, beaucoup, beaucoup de disques. Encore un autre point commun...

 

Petit florilège d'apparitions télé.