"Make Me" : Quelques mots sur Britney Spears, la musique pop et la vie

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Au risque de décontenancer les détracteurs de Britney Spears, je suis moi-même un fan, et pourtant je ne ferme pas les yeux sur le fait qu'elle sucre les fraises depuis déjà pas mal de temps. On a tendance à penser que les fans de Britney ne seraient que de grosses cagoles un peu abruties sous prétexte qu'on lui pardonne tout, en particulier son "manque de talent". Contrairement à une bête de scène comme Beyoncé, la chanteuse de "...Baby One More Time" a un peu de mal à exister devant un public, et ce malgré une résidence à Las Vegas qui semble ne jamais vouloir prendre fin. Mais Britney n'est pas une performeuse. Britney Spears est une marque, une franchise, une "expérience", en plus d'être une popstar aux skills un peu limités. Et elle est surtout l'une des dernières représentantes d'une certaine idée de la pop.

 

Alors oui, avec les autres, je me désole devant la pochette un peu craignos de son prochain album, je me gausse en visionnant le clip totalement grotesque de "Make Me..." (tout en étant conscient, contrairement aux signataires de pétitions en tout genre, que le clip réalisé par David LaChapelle qui a finalement été rejeté, aurait été tout aussi moche, vain et vulgaire, mais avec supplément de nudité et de prétention).

 

Mais c'est justement parce que Britney Spears n'a jamais été cool qu'elle est totalement indispensable au paysage pop de 2016. Parce que la pop, désolé de démentir ce que Canal +, Konbini et quelques médias paresseux ont tenté de vous faire croire ces dernières années, ça n'est PAS COOL, et c'est pour ça que c'est bien, que c'est jubilatoire, excitant et indispensable à la vie quotidienne ! C'est parce qu'elle est une "daronne", mère de deux enfants, que sa carrière semble emprunter la même voie que celle de Cher, et que sa vie personnelle doit être aussi sulfureuse que celle de toutes les Real Housewives de la planète, que Brit-Brit restera à tout jamais notre fav absolue. La pop moderne se meurt d'avoir perdu le sens du fun, à force de vouloir draguer une nouvelle génération de fans dont les goûts musicaux semblent dictés par un snobisme inhérent aux réseaux sociaux. Les tweens préfèrent se farcir une tapisserie sonore insipide mais crédible, des popstars au discours de patronnes de PME plutôt que des artistes un peu awkward mais à la personnalité attachante. Le public pop de 2016 ne comprend rien à l'ADN de la pop mainstream, cet univers dont la beauté réside dans un équilibre constant entre la grâce et le ridicule, et dont Britney Spears reste l'incarnation la plus aboutie. Voilà pourquoi les fans attendent ce nouvel album : même s'il s'avérait catastrophique, il serait toujours immensément plus fascinant que n'importe laquelle de vos nouvelles princesses pop pour hipsters.