Adam Lambert "Ghost Town"

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Adam Lambert. Adam Fucking Lambert. Honnêtement, qui aurait cru que l'année 2015 marquerait le comeback artistique d'un Adam Lambert en pleine possession de ses moyens, avec un véritable tube qui mettrait tout le monde d'accord ? Car vu d'Europe, Adam est un peu comme les Fifth Harmony, un produit ricain lancé par un télé-crochet, destiné au marché local, et qui serait une sorte de figurant pop, un peu comme le sont les carrières discographiques des acteurs de Glee. Le public d'Adam Lambert, et ce fut confirmé avec sa tournée en compagnie du groupe Queen, semble être intergénérationnel, principalement constitué de midinettes et de gays fans de variétés, et leurs mamans. Une fanbase (les Glamberts !) déjà pas mal vaste et active, dont il n'a pas à rougir, mais qui n'a malheureusement pas le pouvoir de le transformer en une véritable tête d'affiche globale. Cet état de fait, le bel Adam, pas plus bête qu'un autre, en a toujours été conscient. Et "Ghost Town" est le titre qui pourrait bien changer les choses pour de bon.

 

Depuis quelques semaines en effet, les blogs pop bruissaient de folles rumeurs concernant ce nouveau single. Il serait un "game changer", un truc dingue, une tuerie. Le titre a été posté il y a quelques heures, et force est de constater qu'on ne nous a pas menti : "Ghost Town" est une très, très bonne surprise. Co-écrit par le suédois Max Martin (qu'on ne présente plus), le morceau démarre comme une ballade folk fichtrement maussade, où Adam semble régler ses comptes avec ses rêves de gloire. Puis déboule le refrain, et ensuite on ne comprend plus rien, le titre se transforme en un terrifiant club banger, porté par deux gimmicks imparables : un gros break house à la Kiesza / Gorgon City / Oliver Heldens qui bastonne méchamment, et un sifflement nonchalant mais qui n'inspire rien de bon, et qui vous hantera jusqu'à ce que mort s'ensuive. Ici, Adam souffle le chaud et le froid, avec un titre qui hésite sans cesse entre un spleen presque lanadelresque et une méchante envie de lever les bras en l'air. "Ghost Town", qui partage son titre et son ambiance dystopique avec le dernier single de Madonna, fait partie de ces petits miracles pop, à la fois calibrés pour les radios, mais possédant un petit supplément d'âme, une touche dark et sensible. Adam Lambert s'invente ici un nouveau personnage, celui de la prêtresse scandipop, et ça lui va plutôt bien.

 

UPDATE : le clip, réalisé par le mythique et très bling-bling Hype Williams, a été mis en ligne. Attention les yeux.