Pop en boîte

En ce moment, pour ne rien vous cacher, j'ai des doutes sur le futur de la pop music. Comme un mauvais rêve qui revient nous hanter, l'eurodance 90s la plus crasse envahit les ondes et la production mainstream à la vitesse d'un drunk tweet. On passe de la stupeur à l'incompréhension quand on entend les derniers Rihanna ou "Oui mais non" de Mylène Farmer. Le monde pop est envahi de chansons pour dancefloors interchangeables, à tel point que l'on finit par confondre le nouveau Usher et le nouveau Ne-Yo (écoutez, c'est la même chose).

 

"J'ai vu cette nana dans le club", "le DJ met du son pour faire bouger cette nana dans le club", et autres subtilités au niveau des lyrics, on arrive à épuisement, une fois encore, d'un style pourtant en plein renouveau créatif pas plus tard que l'année dernière.

 

Comment on a pu en arriver là ? La crise, sans doute. Qui voudrait investir dans de nouvelles teams de producteurs audacieux quand on est à peu près sûr que RedOne ou David Guetta transformeront n'importe quelle artiste aux fraises en nouvelle diva des Macumba ? Et on retombe ainsi dans l'un des pires travers de la pop des années 90 : la recette. Sortir un tube, puis dupliquer ses méthodes de fabrication à l'infini pour différents interprètes. Qu'est-ce qu'il en sort ? De la daube réchauffée. Qui se souviendra des morceaux récents de Kelly Rowland ou Enrique Iglesias dans quelques années ? Personne, car sitôt entendus sur Fun Radio, tout le monde les aura oubliés tant le flux de titres identiques est continu depuis ces derniers mois.

 

Cette méthode de la recette a pourtant fait le succès de labels pop illustres comme la Motown, ou de producteurs comme Stock Aitken & Waterman, Timbaland ou Rodney Jerkins. Le soucis avec RedOne ou Guetta, c'est qu'à la différence de leurs prédécesseurs, le songwriting ne suit pas. Qu'un son soit daté, circonscrit à une époque, n'a jamais empêché un titre d'être immortel et d'accéder au rang de classique. Mais quand on écrit la même chanson débile pour tout le monde, c'est là que ça commence à coincer.

 

Ca m'amène à parler de cette nouvelle artiste qui a retourné le cerveau des blogueurs ces derniers mois : Lolita. Une petite allemande de 17 ans d'origine polonaise avec un accent à couper au couteau, qui chante dans un français approximatif hilarant "Joli garçon, aime-moi, ne dis pas en revoir". Il faudrait être aveugle pour ne pas voir un plagiat de "Moi Lolita" d'Alizée sur la vidéo qui accompagne le single. Côté musique, on est dans la lignée des Cascada ou Aqua, dans le genre mélodie qui viole les synapses.

 

 

Bref, une daube rigolote comme on les affectionne parfois, que Sony a pourtant refusé de distribuer au dernier moment alors que c'était dans les tuyaux. Il est fort probable qu'en écoutant attentivement les paroles, et constatant des fautes de français alarmantes ("Ne bise pas l'autre fille") ils se soient rétractés... Les internautes qui aiment loller et écouter la musique ironiquement vont se régaler. Les autres peut être un peu aussi. Car dans une période où tout est tellement calibré pour les clubs, autant se laisser aller à aimer les choses les plus idiotes et outrancières et assumer ce choix. Car, soyons sérieux un moment : la mélodie de "Joli garçon" est aussi addictive qu'une pipe à crack parfumée à la barbe-à-papa.

 

Et pour continuer dans le même registre, le groupe biélorusse Mmadcatz et son morceau "Puppets", sorte de tube electro-goth aussi discret qu'une vache dans un couloir, mérite lui aussi l'appellation tellement galvaudée de "plaisir coupable".

 

 

Si vous cherchez ce titre, ne vous fatiguez pas, on le trouve sur CLUB CORBEILLE 2 ;)

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