Thank God it's The Saturdays

En France, hormis les Spice Girls dans les déjà lointaines années 90, pas de salut pour les groupes de filles. On a ainsi échappé au raz de marée anglo-saxon des Sugababes et des Girls Aloud dans les années 00. Pendant ce temps, nous on avait les L5, et comme elles étaient "Toutes les femmes de ta vie", ça laissait peu de place pour d'autres donzelles.

 

Mais alors que le phénomène s'essouffle gravement outre-Manche (à l'heure qu'il est, les Girls Aloud sont à deux doigts de splitter, les Sugababes sont en plein flop), une nouvelle brochette de bichettes commence sérieusement à s'installer dans l'inconscient collectif britannique : elles sont 5, elles s'appellent les Saturdays, et elles rêvent (mollement) de conquérir le monde.

 

Après deux albums un peu anecdotiques comportant essentiellement un tube ("Up") et des tonnes de fillers, The Saturdays, qui faisaient un peu trop souvent les couvertures de magazines masculins sans pour autant atteindre le sommet des charts, ont décidé de se bouger un peu cet été. Voulant sans doute profiter de l'inactivité de leurs "rivales", elles sont de tous les festivals, toutes les émissions de télé, et comme Lady Gaga l'avait fait avec The Fame Monster, elles sortent dans la foulée un nouveau mini-album de 8 titres, Headlines, mélange bizarre de leurs anciens tubes et de nouveaux titres très très très efficaces.

 

En Angleterre, depuis la rentrée, nul n'est censé confondre Frankie, Vanessa, Una, Rochelle et Mollie. La faute à une émission de real tv qui leur fut entièrement consacrée, The Saturdays 24/7, qui les a suivies tout l'été durant leur marathon promotionnel. On les voit dans des moments intimes (elles sortent presque toutes avec des gars de boys band qui n'ont pas l'air d'être des flèches), Mollie se fait piquer par un taon, Rochelle ramasse les merdes de son chien sur le tapis du studio de répétition, toutes courent partout, se prennent dans les bras en poussant des cris d'hystérie, et tout ça est fort sympathique au final. Elles donnent l'image d'un groupe de girls next door, soudées, les pieds sur terre, saines et fraiches et tout et tout. Tout ce qui a fait que les Français ont acheté en masse le single des L5 après la diffusion de Popstars.

 

Pour l'image, c'est dans la boîte. L'opération marketing musclée a d'ailleurs porté ses fruits, le disque a très bien marché. Mais qu'en est-il de la musique ? Jusqu'alors, les Saturdays, c'était un peu de la vieille soupe. De la pop anglaise générique comme on en produit à la chaine depuis des temps immémoriaux. Mais les trois singles principaux qui composent Headlines, "Ego", "Missing you" et le dernier "Higher" sont incontestablement des tueries. Les Saturdays sont tellement mimi que l'on n'attendait qu'un bon disque pour avoir enfin une bonne raison de les aimer. C'est désormais chose faite.

 

 

L'émission The Saturdays 24/7 est dispo dans son intégralité sur YouTube. Le premier épisode ici.