"Pookie", le couronnement d'Aya Nakamura

Rihanna s'ambiance sur ses sons. Le rappeur canadien Tory Lanez la sample sur sa dernière mixtape. "Djadja" est le titre francophone le plus populaire dans le monde. Son dernier album s'est vendu à plus de 200 000 exemplaires en France. Le Guardian et The Fader lui consacrent des articles fleuves. Les haters vont devoir s'y faire : Aya Nakamura, en 2019, est la reine de la pop en France, et notre meilleure VRP à l'étranger.

 

Il est déjà loin le temps où personne ne parvenait à prononcer correctement son nom aux derniers NRJ Music Awards. A 23 ans, Aya Nakamura est aujourd'hui à la fois la vitrine la plus cool et la plus excitante de la musique française à l'international, mais aussi la cible de nombreuses critiques dans son propre pays. Rançon évidente du succès dans une France championne de la détestation de la jeunesse et de la culture populaire.

 

Reste qu'aujourd'hui, Aya est la queen, et n'en est que trop consciente. Fini les vidéos fauchées (celle de "Djadja" et son esthétique de clip de zouk pour Trace TV fait un peu tache aujourd'hui), bienvenue dans la cour des grandes. Pour mettre en images le club banger "Pookie", l'un des morceaux les plus populaires de son album, Nakamura loue le chateau de Fontainebleau et débarque avec une armée de danseurs de voguing pour whine up sous les dorures.

 

 

Allo la SACEM ?

 

 

D'une efficacité redoutable, "Pookie" était déjà single d'or avant même d'être officiellement envoyé aux radios. C'est un tube dancehall tellement torride qu'on se demande comment un tel truc a pu être produit en France. Car ce qui est intéressant dans le projet Aya Nakamura, c'est que tout est fait ici : Vladimir Boudnikoff, le réalisateur du clip de "Pookie", travaille aussi avec Tal et les Kids United. Et pourtant, le clip fait plus que tenir la route.

 

Contrairement à des producteurs stars comme Dany Synthé qui fabriquent des tubes urbains clé en main parfois médiocres pour NRJ, il semblerait que Nakamura parvienne à changer le plomb en or, en s'entourant de gens compétents, et ça fonctionne. Rihanna n'a peut être aucune idée de ce que raconte "Djadja", mais peu importe : entre reines de la pop, elles auraient sûrement des choses à se dire.