Lana Del Rey "West Coast"

Depuis ce midi, on ne compte plus les statuts Facebook reprenant d'étranges paroles de chanson.

 

Down on the West Coast, they got a sayin'
"If you're not drinkin', then you're not playin' "
But you've got the music
You've got the music in you, don't you?

 

Vous l'aurez compris : Lana Del Rey, fournisseur officiel de gifs animés pour Tumblr de jeunes invertis, et auteure principale des jolies phrases énigmatiques recopiées sur les agendas des adolescentes, est bien de retour avec une nouvelle chanson. Alors que les rumeurs bruissent sur la sortie de son prochain album, Ultraviolence, dans les jours qui viennent, "Queen Lana" (comme la surnomment les blogueurs pop, toujours prompts à vouloir couronner la moindre artiste un peu photogénique) dévoile enfin ce "West Coast" très attendu. Car après un nombre alarmant de titres fuités ces derniers mois, on se demandait quelle suite notre héroïne pop allait bien pouvoir donner au monstrueux Born To Die et son frangin le Paradise EP.

 

"West Coast" va dérouter ceux qui aimaient les refrains maousses et la production chantilly (rythmiques hip hop vs déluge de cordes) de ses premiers morceaux. Très dépouillé, plus roots, plus rock également, le titre démarre dans une ambiance moite qui fleure bon le soleil californien, comme si la belle l'avait composé et enregistré dans un van pourri sur la route vers son concert de Coachella. Le refrain, déroutant (il casse brutalement le rythme lancinant de la chanson) démarre comme un clin d'oeil au "Girl, You'll Be A Woman Soon" de Urge Overkill, et se déroule comme le plus mélancolique des slows d'été, avant que le titre ne reprenne son rythme de petite soundtrack de Sundance movie. Les fans de la première heure ne s'y retrouveront pas forcément : le titre est moins immédiat qu'un "National Anthem", mais "West Coast", avec ses airs de tube de Chris Isaak, casse un peu le ronron du son Lana Del Rey, et se révèle au final vachement emballant.