Avec "Magnets", Lorde sauve du désastre l'album tout pourri de Disclosure

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Bon, on ne va pas se raconter des histoires : le nouvel album de Disclosure, c'est quand même une catastrophe. Caracal était annoncé comme le virage pop des frangins Lawrence, on pensait qu'ils allaient lâcher la bride encore plus... Et au final, c'est tout le contraire : chiant, lourdingue, chichiteux et ronflant, le truc se traîne péniblement et n'arrive pas à imposer de club bangers du niveau de "White Noise" ou "When A Fire Starts To Burn". L'inspiration en panne sèche, les mecs se contentent de reproduire la recette de leur tube "Latch" (ils sont même allés récupérer Sam Smith), le morceau le plus pompeux du premier album. Merde, on parle de house music quand même ! C'est le souci quand deux jeunes hipsters hétérosexuels s'emparent d'une musique historiquement gay, festive et militante pour en faire quelque chose de technique, prétentieux, esthétisant, vidé de tout fun et de toute substance, dont rien ne dépasse. Un truc "carré", "efficace", un son "qui claque", pour ambiancer les apéros des jeunes urbains débraillés qui bossent dans le web. Une musique tapisserie que les lecteurs des Inrocks peuvent écouter sans se pincer le nez. A l'époque de la french touch, au moins parfois on rigolait bien.

 

Il reste quand même quelques titres à sauver de cette jeune et jolie mascarade hype. La collaboration avec Lorde, par exemple : la voix de la dark princesse néo-zélandaise s'adapte parfaitement bien à la langueur et à la monotonie des productions Disclosure. Et le clip de "Magnets" lui offre un rôle de femme fatale vengeresse effroyablement sexy, à mille lieues de son personnage de weirdo queen habituelle. Lorde, comme toujours, vient à la rescousse pour insuffler à la pop moderne ce qu'il lui manque de soufre pour la garder en vie, et nous garder éveillés.