Endless Vacation : Annie revient, et vous allez tomber amoureux de ses nouveaux titres

annie-dadaday

Annie, on la suit depuis ses débuts en 2004 avec l'album Anniemal. La chanteuse norvégienne est l'un des secrets les mieux gardés de la pop scandinave, adulée sur les blogs mais relativement ignorée du grand public (comme beaucoup de ces artisans pop discrets et obsédés par le travail bien fait). Accompagnée depuis ses premiers titres par le producteur britannique Richard X, à qui l'on doit quelques classiques pop des années 2000, le duo revient (accompagné de Stefan Storm du duo The Sound Of Arrows) avec un tout nouvel EP, Endless Vacation.

 

Les vacances sans fin, version Annie, c'est "Dadaday" : un tube eurodance des 90s, quelque part entre Ace Of Base, ATB, Sash!, Ann Lee et les Vengaboys, mais au ralenti et avec des larmes dans la voix (vocodée). La rythmique est d'époque, toute de plastique revêtue, mais le coeur n'est plus à la fête. La discothèque est vide, la musique s'est arrêtée et les lumières se sont rallumées. Les danseurs sont partis et la dame de ménage passe le balai pendant qu'on sort des vestiaires, ébloui par les rayons aveuglants d'un matin triste de septembre. On est hors saison, il y a trop de vent sur la plage pour se baigner, les vacanciers ont plié les gaules, et on erre seul (sur le sable, les yeux dans l'eau) en pensant à ce flirt qu'on aurait aimé tenir dans ses bras un peu plus longtemps, avant qu'il ne doive rentrer dans son patelin bien trop loin du nôtre. Les vacances sans fin, c'est retrouver le froid de son studio, quand on se remate les mêmes photos en réécoutant pour la 130ème fois le CD de tubes NRJ acheté sur place, devenu par accident la bande-son de l'été. Toute cette misérable période de l'année est encapsulée dans "Dadaday" et "Cara Mia", deux extraits de ce EP dont la pochette évoque ces compiles maudites sorties entre 1995 et 2002, aujourd'hui rangées dans le fond d'une armoire sous une bonne couche de poussière, dont le boitier est pété et dont on ne retrouve plus la moitié des titres sur Spotify.

 

Annie, avec ce nouveau disque, évoque à merveille la mélancolie des souvenirs d'été, grâce à des tubes europop aussi poignants que le "Missing" d'Everything But The Girl. On imagine Haddaway et la chanteuse de Whigfield se bourrer la gueule sur une terrasse du Cap d'Agde, un gilet sur les épaules, en évoquant le temps qui passe. Sur le papier ça sonne bizarre, mais dans les oreilles c'est vachement beau.