Club Corbeille

Perfume "Fake It"

perfume fake it

On ne va pas se mentir : face à l'invasion coréenne du moment, la j-pop broie du noir. Artistiquement d'abord, c'est le marasme total : entre les girlbands de lolitas et les groupes rock rincés, les Japonais semblent vouloir rester bloqués à jamais dans la décennie 00s, celle qui, grâce à la naissance de YouTube et des forums de LiveJournal ou Nautiljon (en France), a vu des hordes de fans européens s'enticher de leur Visual Kei ou de leurs idoles kawaii. Mais ça, c'était avant.

 

Depuis, rien ou presque. Pire, le public japonais lui-même est devenu le principal pays importateur de pop coréenne. C'est un fait, le Japon n'a jamais été très bon pour promouvoir ses artistes à l'étranger. Il faut se rappeler comment les labels et maisons de disques, au temps de la percée de la j-pop, avaient répondu à la demande occidentale : c'était du grand n'importe quoi d'approximation et de méfiance. Aujourd'hui encore, certains clips d'artistes jap' sont introuvables ou envoyés sur YouTube dans une qualité atroce. Les fans de j-pop, ultra organisés car habitués depuis toujours à devoir se débrouiller par leurs propres moyens pour assouvir leur passion, doivent être écoeurés aujourd'hui de voir tous ces groupes coréens débarquer de partout avec une promotion digne d'un album de Britney Spears, les clips en HD, les flashmobs de fans, le following démultiplié.

 

A côté du bling bling et de l'ultra professionnalisme du marché de l'entertainment en Corée du Sud, le paysage musical japonais ressemble à de l'amateurisme brouillon, voué à disparaître petit à petit des radars de la pop mondiale.

 

Heureusement, dans ce champ de ruines (oui bon j'en fais des tonnes pour mettre un peu de drama dans cet article hein, on attrape pas les mouches avec du vinaigre), il y a encore quelques groupes maousses qui jouissent d'une cote de sympathie grandissante à l'étranger, et qui possèdent des tubes tout aussi puissants et fédérateurs que la concurrence coréenne. Parmi eux, on trouve les nanas de Perfume, avec leur electro-pop de stades (qu'elles remplissent facile chez elles), leur imagerie d'idoles bizarres, mignonnes mais un brin flippantes, comme sorties du plus tordu des mangas.

 

"Fake It", avec ses airs de pop bubblegum, c'est un peu comme si Madeon se faisait dépuceler par toutes les T-ara à la fois, comme si Kylie avait fait produire l'album Fever par Skrillex. Ou quelque chose comme ça. C'est vachement bien en tout cas.